Depuis près d’un an, le Collectif des Contractuels Temporaires de Guinée (CCTG), qui regroupe 2 869 agents, réclame son intégration à la fonction publique. Ces agents, qui cumulent pour certains entre 5 et plus de 15 ans de service dans divers départements ministériels, dénoncent leur précarité. Ce lundi 18 mai 2026, le collectif a animé un point de presse à Conakry pour lancer un appel pressant aux autorités administratives.
Devant les professionnels des médias, la porte-parole du collectif, Massa Kaba, a fustigé des conditions de travail et de vie particulièrement difficiles, dans lesquelles évoluent des milliers d’agents de l’administration publique, en dépit des services rendus à l’État depuis de nombreuses années.
Selon le CCTG, plusieurs contractuels temporaires servent l’administration guinéenne depuis plus d’une décennie sans bénéficier d’un véritable statut administratif, ni des avantages sociaux accordés aux fonctionnaires titulaires.
« Depuis plus d’une décennie pour certains, nous, contractuels temporaires, sommes au cœur du fonctionnement quotidien de nos départements ministériels et institutions publiques du pays. Nous assurons des tâches vitales, parfois dans des contextes difficiles, avec professionnalisme, loyauté et sens du devoir, convaincus de participer à la construction de notre cher pays. En dépit de ces années de services rendus à la nation, notre situation demeure injustement précaire : faible rémunération, absence de couverture sociale et non-prise en compte de notre ancienneté, au mépris des sacrifices et de la disponibilité que nous avons toujours manifestés.
Avec un salaire dérisoire de 550 000 francs guinéens par mois, nous avons aujourd’hui de sérieuses difficultés à faire face à nos obligations familiales, dans un contexte mondial marqué par une inflation galopante. Malgré la volonté de Son Excellence Monsieur le Président de la République, dans son œuvre de refondation, de régulariser la situation du CCTG, nous constatons avec regret et amertume le refus catégorique de certains cadres de faciliter le changement de statut des contractuels temporaires enrôlés dans le Fichier Unique de Gestion Administrative et de la Solde (FUGAS). Ces agents, au nombre de 2 869 dans l’administration publique après l’assainissement du fichier par le gouvernement guinéen, voient pourtant leurs salaires virés dans les différentes banques du pays », a-t-elle dénoncé.
Poursuivant sa déclaration, Massa Kaba a décliné les attentes urgentes du collectif : « En vue de notre régularisation et du passage du statut de contractuel à celui de fonctionnaire, nous continuerons à servir loyalement pour le bon fonctionnement de nos services publics. Nous sollicitons vivement le changement de statut des membres du CCTG, ainsi que l’ouverture d’un cadre de dialogue formel entre notre collectif et les autorités compétentes pour un traitement juste et transparent du processus.
Nous en appelons à Son Excellence M. le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, à M. le Premier ministre Amadou Oury Bah, aux ministres sectoriels, aux responsables syndicaux et à l’ensemble des membres du gouvernement, pour qu’ils considèrent l’urgence humaine, sociale et professionnelle que représente notre situation. Il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’un droit légitime reconnaissant des services rendus avec fidélité, abnégation et patriotisme. Notre régularisation à la fonction publique permettra d’améliorer la qualité des services publics et de sauver des milliers de familles de la pauvreté.
Le Collectif des Contractuels Temporaires de Guinée réaffirme sa disponibilité au dialogue et son attachement aux valeurs républicaines. Nous demandons simplement de la justice, de la reconnaissance et la prise en compte de notre contribution essentielle au fonctionnement de l’État. Nous invitons donc l’opinion nationale et internationale, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les médias à soutenir cette démarche légitime et pacifique. Nous vous remercions de votre attention et de votre accompagnement. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
621 26 99 81



