CONAKRY – Le quartier Koloma 2, dans la commune de Gbessia, est le théâtre d’un conflit domanial d’une nature particulièrement sensible. Mme Souaré, ancienne cheffe de quartier, est au cœur d’une vive polémique : les populations l’accusent d’avoir cédé à un particulier un domaine abritant une mosquée réservée aux femmes ainsi qu’une morgue communautaire.
C’est un dossier qui secoue les riverains de Koloma 2. Selon les témoignages recueillis par notre rédaction ce jeudi 7 mai 2026, l’affaire porte sur un espace religieux et d’utilité publique, initialement construit grâce à l’effort collectif et des appels à la solidarité (SOS) lancés par les habitants.
Mama Aissata Bangoura, témoin historique de l’évolution du quartier, ne cache pas son amertume. Arrivée dans le secteur en 1963, elle raconte la genèse de ce lieu de culte : « À l’époque, ici c’était la brousse. C’était la seule mosquée jusqu’à Bambéto. Comme l’espace était devenu trop étroit pour les femmes, nous avons lancé un second SOS pour construire une extension qui leur serait uniquement dédiée. »
Selon ses explications, l’ancienne cheffe de quartier se serait proposée pour achever les travaux sous couvert de charité. Mais la situation a rapidement pris une tournure inattendue : « Elle est venue nous dire qu’elle voulait finir les travaux pour avoir la bénédiction divine. Nous avons accepté. Mais en cours de route, nous avons constaté qu’elle transformait la mosquée en chambres d’habitation. Elle nous a ensuite affirmé que la maison lui appartenait. Aujourd’hui, elle a détruit notre morgue et la mosquée. Nous n’avons plus rien. »
La tension est montée d’un cran ces dernières heures. Selon les résidents, une opération de force aurait été menée pour sécuriser le domaine contesté.
« Nous demandons aux autorités de nous aider à récupérer notre mosquée et notre morgue. Elle se croit puissante et utilise la force contre nous », plaide un habitant sous l’anonymat.
Contactée par notre rédaction pour livrer sa version des faits, l’ancienne cheffe de quartier (présentée également comme ancienne cheffe de cabinet par certaines sources) a décliné toute demande de commentaire sur ce dossier brûlant.
Le conflit reste entier et la tension demeure palpable à Koloma 2, où les femmes se disent privées de leur seul lieu de prière au profit d’intérêts privés.
À suivre…
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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