Le tribunal criminel de Kaloum a servi de cadre, ce vendredi 24 avril 2026, aux réquisitions et plaidoiries dans l’affaire tragique opposant le ministère public à B.K. Lamah. Accusée d’avoir occasionné la mort de son mari, J. Dioubaté, à la suite d’une altercation, l’accusée encourt une lourde peine de prison.
Les faits, qui remontent à 2024 dans la cité industrielle de Kamsar, dépeignent un drame conjugal d’une rare violence. B.K. Lamah, nourrice au moment des faits, est poursuivie pour « coups, blessures et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
Selon l’accusation portée par la famille du défunt, une dispute aurait dégénéré, au cours de laquelle l’épouse aurait assené un coup de pied, avec des chaussures pointues, au niveau des parties génitales de son mari. Ce choc aurait provoqué une fracture du pénis et des saignements abondants, entraînant le décès de J. Dioubaté quelques jours plus tard.
La partie civile n’a pas mâché ses mots lors de sa plaidoirie, dressant le portrait d’une femme mue par l’appât du gain : « Elle a épousé le défunt par intérêt, car il gérait les biens de ses parents résidant à l’étranger. Nous demandons qu’elle soit déclarée indigne de lui succéder et réclamons un franc symbolique. »
Le substitut du procureur, Youssouf Fofana, a soutenu que l’infraction était pleinement établie. Qualifiant le défunt de « victime de l’amour », il a fustigé l’attitude de l’épouse qui, selon lui, délaissait son mari malade pour vaquer à ses occupations nocturnes. Se fondant sur le rapport médical confirmant le lien entre le coup porté et le décès, le ministère public a requis une peine de 10 ans de réclusion criminelle à l’encontre de B.K. Lamah.
Malgré la ligne de défense plaidant l’innocence, l’accusée, pressée de questions par le tribunal, a fini par craquer. Dans un élan de sincérité tardive, elle a déclaré : « Je regrette. Je reconnais les faits et je demande pardon. »
Le tribunal, présidé par la juge Fanta Alama Camara, a clos les débats. L’affaire a été mise en délibéré et le verdict est attendu pour le lundi 27 avril 2026.
Fodé Camara pour avenirguinee.org


