Dans le but de freiner l’incidence des malformations et des handicaps évitables, le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités (MFFS) a lancé, ce mercredi 8 avril 2026 à Conakry, une importante campagne nationale de sensibilisation. Cette initiative vise à informer les populations sur la prévention des maladies invalidantes telles que la poliomyélite, les AVC et les séquelles d’accidents de la circulation.
Durant deux jours, soit du 8 au 9 avril, des agents de sensibilisation sillonneront toutes les communes de la capitale, y compris celle de Kassa. Les messages seront diffusés dans les différentes langues nationales pour garantir une large compréhension des enjeux de prévention et d’orientation vers les centres de soins spécialisés.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de la Gouverneure de la ville de Conakry, des responsables communaux ainsi que des partenaires techniques et financiers. Prenant la parole, la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Pauline Patricia Adeline Lamah, a souligné l’importance stratégique de cette campagne portée par le Centre National d’Orthopédie.
« Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement, sous l’égide du Premier ministre Amadou Oury Bah et la vision éclairée du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, qui place la dignité humaine au cœur de ses priorités », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que les malformations congénitales, le diabète, la poliomyélite ou les traumatismes liés aux accidents constituent aujourd’hui un véritable défi de santé publique.
La ministre a également apporté des précisions chiffrées : bien que les statistiques nationales soient en cours de consolidation, on estime qu’environ 2,2 % des décès sont liés aux malformations congénitales. Au-delà du drame humain, ces invalidités pèsent sur l’économie nationale.
« Les invalidités physiques entraînent une réduction de la participation des citoyens à la production nationale. Investir dans la prévention est donc une stratégie économique rationnelle », a précisé la ministre.
Un autre point crucial de son discours a porté sur le changement des mentalités. Elle a fustigé la stigmatisation des personnes porteuses de malformations : « Ces enfants ne sont ni une fatalité, ni une malédiction. Grâce aux progrès de la médecine et à une prise en charge précoce, beaucoup peuvent retrouver une vie active et devenir des acteurs du développement. »
Pour réussir ce pari, Pauline Patricia Adeline Lamah mise sur l’implication des leaders religieux, des chefs de quartiers et des médias, qu’elle considère comme des « vecteurs incontournables ». Elle a conclu en saluant l’appui des partenaires financiers et les efforts du Centre National d’Orthopédie.
En marge de la rencontre, Alpha Oumar Barry, lui-même atteint de poliomyélite, a exprimé son soulagement face à cette initiative : « C’est un sentiment de fierté. Cette campagne permettra à la population de savoir comment éviter que des enfants ne naissent avec des malformations désormais. J’appelle tout le monde à accompagner ce projet pour le bien-être de notre nation. »
Il est important de rappeler que les maladies invalidantes regroupent des affections chroniques ou aiguës (AVC, traumatismes, arthroses compliquées) qui impactent durablement l’autonomie. La prévention reste, à ce jour, le moyen le plus efficace de réduire leur prévalence en Guinée.
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org
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