Sous l’égide du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, représenté par l’Inspection Générale de la Santé, une rencontre d’urgence s’est tenue ce lundi 30 mars 2026 avec les instances dirigeantes de la pharmacie en Guinée. Cette concertation fait suite à la vague de fermetures d’officines appartenant aux responsables du secteur pharmaceutique qui secoue le secteur depuis 48 heures
Le Dr Yamoussa Youla, Président du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens de Guinée, a précisé que cette rencontre a été instruite par Mme la Ministre, Kaïté Sall, face à la gravité des événements récents.
Pour l’Ordre, la priorité reste la moralisation du secteur tout en respectant les procédures administratives. « Nous allons examiner les textes conformément aux demandes formulées. Les dossiers seront étudiés un à un. Ceux qui répondent aux normes recevront une suite favorable dans les meilleurs délais », a expliqué le Dr Youla.
Tout en reconnaissant la détresse financière des confrères dont les structures ont été fermées, le Président de l’Ordre a rappelé la noblesse et les contraintes du métier :
« La pharmacie est un métier noble. Pour l’exercer, il y a des principes et des normes à respecter. J’invite tous les confrères à agir conformément à la loi avant d’ouvrir une structure pour éviter ces situations inconfortables qui peuvent mener à la dépression. »
Le Dr Yamoussa Youla a également interpellé le département de la santé sur les délais de traitement des agréments :
« L’administration doit respecter le délai de traitement des dossiers. Nous comprenons les cris de cœur, mais nous invitons à la sérénité : la violence ne peut rien arranger. L’Ordre doit pouvoir donner son avis consultatif sur chaque demande avant que le département n’établisse les agréments définitifs. »
De son côté, le Dr Sékou Mariame Camara, Secrétaire chargé des relations extérieures du Syndicat National des Pharmaciens de Guinée (SINAPHAG), a révélé que la crise n’épargne personne, y compris les leaders de la profession.
« La semaine dernière, il y a eu la fermeture de la pharmacie du Président du SINAPHAG, de celle du Président de la section A en charge des officines, et même celle du Président du Conseil National des Pharmaciens de Guinée », a-t-il révélé.
Face à cette situation inédite, le syndicat a décidé de suspendre ses actions de protestation pour privilégier le dialogue. « Nous avons décidé de tout arrêter pour attendre la suite des échanges avec le département et l’Ordre. Les recommandations formulées visent à permettre au Ministère de mieux comprendre la souffrance de ces jeunes pharmaciens », a conclu le Dr Sékou Mariame Camara.

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