Via un communiqué rendu public par les médias d’Etat, le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation a officialisé et entériné une information qui se chuchotait dans l’arrière-cour du pouvoir. Qui pour leur asséner la vérité ? Une dynamique démocratique ne peut se concevoir sans partis politique et un débat à ciel ouvert sans entrave. La décision du pouvoir de Conakry ne s’aligne pas sur les standards démocratiques tout semble montrer une marche vers un parti Etat tout-puissant, omniprésent, un monopole politique où la scène sera occupée de manière exclusive par une seule voix. Après un scrutin présidentiel où les candidats présidentiables étaient absents, une assemblée nationale à sens unique est sur le point d’émerger et des maires dévoués corps et âme sur le point de s’installer. La démocratie n’y est qu’un décor sans réalité, une démocratie en trompe-l’œil. Ainsi, l’horizon démocratique se rétrécit et le pays glisse à nouveau vers les ombres de l’autoritarisme. Le pouvoir et ses relais ignorent délibérément la situation, ils s’en moquent éperdument. Alors que la situation démocratique se détériore, une crise sociale se fait jour en raison d’un asséchement de liquidités. La dernière semaine du mois de ramadan, des Guinéens ont mis à nu leur désarroi car l’argent ne circule pas, rendant les transactions inopérantes. Les petites activités commerciales se trouvent ainsi paralysées, notre gouvernement au lieu de jouer la carte de la transparence tend à nier et à relativiser l’ampleur du problème ; affaiblissant encore davantage la crédibilité du discours institutionnel. Le changement ne semble pas à l’ordre du jour.
(Par Mamadou Barry III)



