Les audiences criminelles au Tribunal de Première Instance (TPI) de Mamou se sont poursuivies ce mardi 10 mars 2026. Dans une atmosphère solennelle et sous un dispositif de sécurité renforcé, quatre décisions majeures ont été rendues, allant de condamnations pour assassinat à un acquittement retentissant.
L’un des moments forts de la journée a été l’élargissement d’Idrissa Bah. Détenu depuis le 6 novembre 2025 pour des faits présumés de coups et blessures volontaires, vol, destruction de biens et incendie volontaire, l’accusé a été déclaré non coupable.
Le juge audiencier, Mamadou Yaya Sow, a motivé sa décision en soulignant l’absence de preuves imputables à l’accusé : « Le tribunal déclare Idrissa Bah non coupable des faits qui lui sont reprochés. En conséquence, prononce le renvoi des fins de la poursuite pour crimes non établis. Sur l’action civile, le tribunal déboute la partie civile de toutes ses prétentions et met les dépens à la charge du Trésor public. »
Le Procureur de la République près le TPI de Mamou, Souleymane Maurice Onivogui, s’est félicité de la célérité des débats. En l’espace de deux jours, cinq dossiers ont été examinés.
Sur les quatre décisions rendues ce mardi :
• Un dossier d’assassinat : L’accusé (Ousmane Barry) a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son neveu.
• Deux dossiers de mineurs : Poursuivis également pour assassinat, ils ont écopé de 3 ans d’emprisonnement chacun, bénéficiant des circonstances atténuantes prévues par le Code de l’enfant.
• Un acquittement : Celui d’Idrissa Bah.
« Juger cinq dossiers criminels en deux jours est une source de satisfaction. Je remercie le tribunal pour son efficacité et la population de Mamou pour sa confiance renouvelée en la justice », a déclaré le procureur.
La défense salue l’application du droit
Me Amadou Oury Binta Bah, avocat de la défense, a exprimé son soulagement de voir ses clients fixés sur leur sort. Il a notamment expliqué la clémence relative concernant les mineurs : « Le Code de l’enfant accorde d’importantes circonstances atténuantes. C’est ce qui explique que la peine soit inférieure aux prévisions classiques du Code pénal pour des faits d’assassinat. Concernant le dossier de meurtre impliquant un majeur, le parquet avait requis 20 ans, mais le tribunal a souverainement tranché pour 10 ans. »
La dynamique judiciaire ne faiblit pas à Mamou. Si la majorité des affaires au rôle ont été vidées, un dossier a été renvoyé au 26 mars 2026 pour la suite des débats. Ce bilan d’étape renforce l’image d’une justice de proximité, à la fois prompte et attentive aux nuances procédurales, tant pour les majeurs que pour les mineurs.
Ibrahima Kindia Soumah
Pour avenirguinee.org



