Ce mardi 8 juillet, le Syndicat National de l’Éducation (SNE), dirigé par Michel Pépé Balamou, a tenu un atelier de restitution à l’Institut National de Recherche et d’Action Pédagogique (INRAP). Cet atelier visait à partager les acquis de la mission syndicale à Genève, dans le cadre de la Conférence Internationale du Travail.
Dès l’ouverture, le secrétaire général du SNE a tenu à préciser le caractère sérieux de sa mission en Suisse : « Vous savez, c’est une première. Souvent, les gens vont à Genève pour des promenades touristiques, puis reviennent sans rien restituer. Il faut faire preuve de responsabilité et rendre compte aux mandants qui ont contribué à votre départ, de ce qui a été débattu et recommandé. Cet atelier vise à informer l’opinion nationale et internationale sur la nécessité de la revalorisation de la profession enseignante », a-t-il expliqué.
Revenant sur les points débattus à Genève, M. Balamou a souligné la crise actuelle que traverse la profession : « La profession enseignante connaît une dévalorisation progressive. Les pesanteurs sociologiques font qu’on n’accorde plus d’importance à l’enseignant. Nos systèmes éducatifs font face à une pénurie d’enseignants, à une pauvreté des apprentissages et à un fort décrochage professionnel. »
Il rappelle que les organisations internationales telles que l’OIT, l’UNESCO, l’Internationale de l’Éducation, et le Bureau International du Travail ont convenu de la nécessité d’investir dans l’enseignant, de créer un choc d’attractivité, et de le placer au cœur de la refondation de l’éducation post-COVID-19.
Balamou a aussi insisté sur l’importance de revoir le statut particulier des enseignants en Guinée, en lien avec les recommandations internationales : « Nous avons parlé de la nécessité de doter les enseignants d’un véritable statut. En Guinée, nous travaillons à la révision du statut particulier de l’éducation. Le gouvernement a mis en place une commission technique chargée d’élaborer une première mouture. »
Il explique que cette mouture devra être soumise aux partenaires sociaux, dont le syndicat, afin qu’ils puissent donner leurs avis, notamment sur le régime indemnitaire, les primes, le coût de la vie, les perspectives de carrière, les avancements en grade, etc.
« Nous avons expliqué tout cela à nos mandants, venus des 33 préfectures, pour les rassurer. Contrairement aux rumeurs, le syndicat et le gouvernement travaillent ensemble à l’élaboration de ce nouveau statut ».
Enfin, M. Balamou a justifié cette révision par la hausse du coût de la vie : « Le statut de 2006 est obsolète. Son article 100 indique que lorsque le coût de la vie augmente, le gouvernement et les syndicats doivent se rencontrer pour ajuster les primes. Or, aujourd’hui, tout est cher : loyer, transport, besoins de base, scolarité des enfants… Les enseignants sont exposés à une précarité inquiétante. »
Il appelle donc à des mesures incitatives et un choc d’attractivité pour permettre aux enseignants de donner le meilleur d’eux-mêmes, au profit de l’amélioration du système éducatif guinéen.
« Nous sommes rassurés, car le gouvernement a anticipé en mettant en place une commission technique. Une fois la proposition prête, elle nous sera soumise pour que nous puissions y intégrer les revendications des enseignants ».
Sona Sylla pour avenirguinee.org
625-21-04-05



