Alors que le recensement général de la population est arrivé à son terme, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, les opposants Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré n’ont pas été enrôlés. En exil depuis trois ans, les deux hommes politiques, qui résident actuellement en Côte d’Ivoire, ont été empêchés par les agents recenseurs de se faire recenser.
Face aux interrogations de nombreux citoyens quant à ce refus d’inclure les deux leaders sur la liste du recensement de la population, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a apporté des précisions alors qu’il participait aux travaux du Conseil permanent de la Francophonie à Paris.
Le chef de la diplomatie guinéenne a d’abord souligné que « le recensement est délicat », avant d’indiquer qu’en raison de l’instabilité sécuritaire qui frappe la sous-région, il n’est pas permis à tout le monde de se faire recenser. « Nous ne pouvons pas faire un recensement à ciel ouvert, sans conditions, au risque de recenser des terroristes ou des malfaiteurs dans notre fichier », a-t-il expliqué.
Selon le ministre, des conditions spécifiques ont été établies avant le lancement de l’opération à l’étranger. Ainsi, seuls les détenteurs de cartes consulaires sont autorisés à se faire recenser, ce qui exclut de facto les deux leaders politiques.
« Lorsque des personnes sont à l’extérieur, ce sont des Guinéens établis à l’étranger, ils relèvent de circonscriptions diplomatiques. Et pour être recensé comme tel, il faut disposer de la carte consulaire de cette circonscription », a-t-il précisé.
Et de conclure : « Toute personne qui n’a pas pu obtenir cette carte ne peut pas se faire recenser. »
Depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire, les relations entre celle-ci et les opposants Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré sont particulièrement tendues. Quelles conséquences leur non-recensement pourrait-il avoir ? Pourront-ils être candidats à la prochaine présidentielle sans être inscrits sur la liste électorale ? Affaire à suivre…
Fran



