Le climat est tendu au sein du Ministère de l’Information et de la Communication (MIC), où un collectif de journalistes stagiaires du quotidien national Horoya a fait parvenir à la rédaction d’avenirguinee.org une déclaration dénonçant leur exclusion du récent processus de recrutement à la fonction publique.
Dans ce document, les signataires expriment leur profonde déception face à ce qu’ils qualifient de traitement inéquitable : « C’est avec une profonde surprise et un immense regret que nous portons à l’attention de l’opinion publique une flagrante injustice qui secoue le Ministère de la Communication. Personne n’aurait imaginé qu’une telle discrimination puisse voir le jour au sein de ce département, pourtant censé incarner l’équité et l’information pour tous. »
Selon eux, plus de 330 stagiaires de la Radio Télévision Guinéenne (RTG) ont été intégrés à la fonction publique à l’issue d’un processus qualifié d’opaque, tandis que les 49 stagiaires du journal Horoya ont été tout simplement écartés, sans justification officielle :
« Les faits sont édifiants : les stagiaires de la RTG, visiblement traités avec une considération supérieure, viennent d’être engagés à la fonction publique à l’issue d’un ‘concours imaginaire’. »
Le collectif rappelle que les candidats du MIC avaient initialement postulé avec espoir, s’étant acquittés des frais d’inscription (100 000 GNF) et de dossier. Mais soudain, la plateforme d’enrôlement du ministère de la Fonction Publique a été fermée pour le département de la Communication, à leur grande surprise.
« Pendant ce temps, les stagiaires de la RTG étaient parallèlement invités à s’enrôler, au nom d’un ‘protocole’ signé entre les syndicats de la RTG et le gouvernement. »
Ces journalistes dénoncent ce qu’ils considèrent comme une vision réduite du ministère, centré exclusivement sur la RTG au détriment des autres directions, comme Horoya et Akbar :
« Le département de l’information et de la communication est-il à ce point résumé à la seule RTG ? Cet état de fait prouve à suffisance l’existence de deux poids deux mesures dans le traitement des stagiaires au sein de ce même département. »
Plus loin, ils pointent également du doigt une promesse non tenue du Ministre de la Communication, M. Fana Soumah : « Il m’est difficile de prendre un engagement, mais je vais me battre pour qu’on puisse prendre certains d’entre vous. Ce qui est sûr, on ne prendra pas tout le monde. »
Cet espoir fut de courte durée. Rapidement, les stagiaires d’Horoya ont compris qu’ils ne pourraient pas participer au processus, sous prétexte que ceux de la RTG étaient déjà intégrés.
« À en croire les propos d’un syndicaliste de l’USTG, le nom du quotidien national n’a même pas été mentionné lors des négociations. ‘Nous avions pensé que le ministère de l’information se résume qu’à la RTG’, a-t-il affirmé. »
Se sentant trahis, les stagiaires s’en remettent désormais aux plus hautes autorités de la transition, espérant une rectification :
« Connaissant le côté social du CNRD, à sa tête le Général Mamadi Doumbouya, et le combat qu’il mène au quotidien pour l’instauration de la justice en Guinée, nous sommes convaincus qu’il n’acceptera jamais une telle discrimination au sein d’un même département sans la rectifier. »
« C’est dans cet élan de frustration et d’injustice que le collectif des stagiaires du quotidien national se tourne aujourd’hui vers le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, ainsi que vers le Premier Ministre et son gouvernement. »
Les journalistes réclament un traitement équitable, à la hauteur de leur engagement et de leurs sacrifices, et demandent leur intégration ou la réouverture du concours pour tous les stagiaires du département.
Fodé Camara pour avenirguinee.org



