Dans un paysage politique guinéen souvent marqué par l’ambiguïté et le double discours, la prise de position publique de Mohamed Cissé, leader du parti LaNG en faveur du CNRD et de son président, le Général Mamadi Doumbouya, a suscité une onde de choc. Depuis l’annonce de ce soutien lors d’une conférence de presse ce samedi, les critiques fusent, parfois acerbes, souvent confuses. Sur les réseaux sociaux, on feint la surprise. Certains s’interrogent : pourquoi ce revirement ? D’autres insinuent un calcul. Mais en réalité, ce qui dérange, ce n’est pas tant le choix que l’acte de l’assumer pleinement.
Dans une époque où la prudence opportuniste est devenue la norme, assumer une position politique claire est un acte de courage. Ce courage, Mohamed Cissé l’a eu. Contrairement à nombre de ses pairs qui multiplient les visites feutrées et les entretiens discrets avec les autorités de la transition, le leader du LaNG a choisi la transparence : une photo publiée ( avec le Gl Amara Camara), avant même sa déclaration de soutien, comme pour dire que l’on ne peut bâtir une confiance durable dans le clair-obscur.
Cette posture rappelle celle de grands hommes politiques à travers le monde. Winston Churchill disait : « Le courage, c’est ce qu’il faut pour se lever et parler ; le courage, c’est aussi ce qu’il faut pour s’asseoir et écouter. » Mohamed Cissé a écouté, observé, puis parlé non pas sous pression, mais dans une logique de responsabilité. Comme Charles de Gaulle, qui affirmait que « la politique ne se fait pas à la corbeille », Cissé a compris que l’exercice politique doit être orienté vers l’action, pas la spéculation.
Certes, il fut critique envers la junte. Mais la constance en politique ne signifie pas l’immobilisme. Il n’a pas retourné sa veste, il a changé de stratégie, et c’est là une nuance essentielle que seul un esprit politique lucide peut saisir. Comme il l’a dit lui-même : « Si tu frappes ton enfant chaque fois et qu’il ne change, tu dois changer et aller à la douceur en lui parlant et en lui faisant des propositions. » Une métaphore éclairante, qui traduit sa volonté de dialoguer pour construire, plutôt que de condamner sans construire d’alternatives.
En Guinée, le double jeu est devenu un sport national, et rares sont ceux qui s’en écartent. Mohamed Cissé fait partie de cette exception. Il incarne ce que Barack Obama appelait dans The Audacity of Hope : la capacité à croire en la possibilité de changement par l’action, même dans un environnement sceptique, voire hostile. Il aurait pu, comme d’autres, rester dans l’ambiguïté, faire le grand écart idéologique et préserver une posture commode. Il a choisi l’inverse : dire ce qu’il pense, faire ce qu’il dit, et en assumer les conséquences.
Son engagement n’est pas un chèque en blanc au CNRD, mais un appel à la responsabilité partagée. Il croit, à juste titre, que l’heure est moins aux incantations qu’aux propositions. La main tendue du pouvoir, il y répond, non pas par suivisme, mais par lucidité : le contexte exige des convergences d’action pour améliorer concrètement la vie des Guinéens.
Cette démarche peut déranger, mais elle mérite le respect. Car en politique, l’essentiel n’est pas de plaire, mais de construire. En choisissant la clarté au risque de l’impopularité, Mohamed Cissé rappelle à ses détracteurs une vérité simple, mais souvent oubliée : l’homme d’État n’est pas celui qui calcule selon les vents, mais celui qui, contre vents et marées, tient le cap de ses convictions.
Alhassane Camara
Un admirateur secret du parti LaNG et son président.



