Le parti Union des Forces Républicaines (UFR) a tenu, ce vendredi 30 mai, un congrès extraordinaire à son siège de Matam. Ce rassemblement se déroule dans un contexte particulier, marqué par la suspension des activités politiques du parti et surtout par l’exil de son leader, Sidya Touré, à la suite de l’expropriation de sa propriété privée en 2022.
Les différentes fédérations et sections du parti, venues de toutes les régions du pays, ont répondu présentes à l’appel du bureau politique national. Des représentants d’autres formations politiques, notamment l’UFDG, ainsi que des acteurs de la société civile, ont également pris part à l’événement.
Depuis son exil en Côte d’Ivoire, le président sortant et candidat à sa propre succession, Sidya Touré, s’est exprimé en visioconférence. Il a tenu à clarifier les raisons pour lesquelles une partie de la classe politique avait, à l’époque, salué l’arrivée au pouvoir du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), tout en exprimant aujourd’hui sa déception.
« Nous avons applaudi ! (…) La Guinée avait été complètement détruite par des gens qui, heureusement, pour certains, sont aujourd’hui en prison. Mais cela n’a pas suffi, car le mal était immense », a-t-il déclaré.
Face à l’enlisement de la transition dirigée par le CNRD, il a insisté sur l’urgence de renouer avec un dialogue inclusif : « Même pendant l’apartheid en Afrique du Sud, on a dialogué. Le dialogue n’est pas l’arme des faibles, c’est celle des forts. Lorsqu’on s’y engage, c’est qu’on en connaît les raisons. »
Plébiscité par les militants et sympathisants, Sidya Touré a été réélu avec 94,38 % des voix à la tête de l’UFR. Il a rappelé que son engagement en politique était motivé par son désir profond de contribuer au développement de la Guinée.
« Moi, je ne suis pas un homme politique au départ. Je suis venu pour faire un travail économique. Quand ce travail a été saboté, j’ai décidé de m’engager pour dénoncer les raisons de cet échec. C’est ainsi que l’UFR m’a confié la présidence pour défendre les idéaux que j’avais exposés », a-t-il expliqué.
Enfin, Sidya Touré a dénoncé la corruption, le détournement des deniers publics et la malhonnêteté de certains cadres, qu’il considère comme des freins majeurs à l’épanouissement du peuple guinéen : « Il est difficile pour un peuple d’être libre et épanoui lorsque l’économie ne fonctionne pas. Aujourd’hui, en Guinée, l’État subit de nombreuses dérives. Tout le monde n’est pas honnête, et l’organisation de l’État doit justement empêcher que de tels comportements se produisent. Que ce soit dans la bauxite, l’or… la situation est devenue inquiétante. »
Nana Camara, pour avenirguinee.org



