Alors que les campagnes électorales n’ont pas encore commencé, les partisans du CNRD prennent déjà d’assaut tout le pays à travers des manifestations de soutien. Enseignants, cadres de l’administration, ministres, citoyens… chacun mobilise dans sa localité pour témoigner de l’acceptation des militaires au pouvoir par le peuple. Tout cela se déroule alors que les autorités auraient dû rendre le pouvoir le 31 décembre dernier, conformément à l’engagement pris par le Général Doumbouya. Cependant, il est important de souligner qu’une partie des Guinéens ne partage pas cette démarche. Comment le savoir, lorsque d’un côté, les soutiens sont autorisés à manifester, tandis que de l’autre, les opposants se voient interdire toute forme de protestation ?
Ce week-end, dans une tribune sur sa page facebook, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a appelé la junte à permettre également au camp opposé de tenir une journée de manifestation. Pour lui, cela offrirait une occasion de tester la popularité du chef de la transition, qui n’a, jusqu’à présent, pas annoncé publiquement son intention de participer à la prochaine élection présidentielle.
Dans un tel contexte, les opposants au CNRD ont plusieurs raisons de revendiquer : la réduction des prix des denrées de première nécessité, l’autorisation des manifestations politiques, l’instauration d’un dialogue entre les politiques et les dirigeants, la libération des activistes Foniké Menguè et Billo Bah, ainsi que du journaliste Habib Marouane, la libération de l’homme politique Aliou Bah et de plusieurs autres incarcérés dans des affaires de corruption, et l’arrêt des poursuites contre Cellou Dalein Diallo.
Accorder cette autorisation ne viserait pas simplement à satisfaire la demande des hommes politiques, mais permettrait également au peuple et à la communauté internationale de mesurer la véritable popularité du CNRD et son influence réelle sur la population.
Fran



