Le 22 mars de chaque année, l’humanité célèbre la Journée internationale de l’eau. C’est l’occasion pour les décideurs de se pencher sur des solutions concrètes permettant aux populations d’avoir accès à l’eau, où qu’elles se trouvent. En Guinée, cette journée se déroule dans un contexte difficile pour les habitants de plusieurs quartiers de la capitale, Conakry.
À cette occasion, avenirguinee a rencontré une dame, madame Bangoura, qui, avec ses bidons, est à la recherche d’eau. Elle a partagé sa perception de cette journée en Guinée : « Nous ne pouvons pas fêter cette journée puisque nous n’avons pas d’eau », a-t-elle déclaré d’emblée.
Dans son quartier de Koloma, en haute banlieue de Conakry, la Société des Eaux de Guinée (SEG) ne fournit plus d’eau. Elle précise survivre grâce à la solidarité de ses voisins : « La seule chance que nous avons ici, c’est que certains voisins ont creusé un forage. Mais, en ce qui concerne la SEG, nous n’avons pas d’eau dans nos robinets », a-t-elle ajouté.
Pour se procurer de l’eau dans ce quartier, il faut parfois marcher plusieurs kilomètres, se plaint madame Bangoura : « Nous parcourons parfois presque un ou deux kilomètres pour puiser de l’eau », a-t-elle regretté. « Parfois, je dois déplacer un véhicule pour aller chercher mes bidons d’eau. C’est très difficile pour moi. »
Face à ce calvaire, qu’elle partage avec les femmes de plusieurs quartiers de Conakry, elle appelle les autorités à mettre en place une meilleure gestion de l’eau.
« Les autorités n’ont qu’à fournir un peu d’effort pour nous. Cela fait des années que nos robinets sont secs. S’ils ne nous viennent pas en aide, ce sera très compliqué pour nous », lance madame Bangoura.
De son côté, Kepin Keita estime que cette journée ne devrait pas être une célébration joyeuse en Guinée. Selon lui, elle intervient dans une période sombre pour les citoyens en ce mois de mars marqué par une forte chaleur. C’est pourquoi, il indique que la SEG devrait mieux s’organiser pour servir les citoyens.
« Non, je ne pense pas qu’on devrait fêter cette journée, car nous faisons face à une inégalité concernant l’eau. Certains ont accès à l’eau, et dans d’autres quartiers, c’est le calvaire. Chez nous, ici, il n’y a pas de forages. Nous manquons d’eau pour nous doucher, laver nos vêtements, cuisiner et même boire. Pourtant, nous payons pour l’eau en sachets. Il y a un robinet chez nous, mais cela fait des années qu’aucune goutte ne sort de là. Je peux vous le montrer si vous le souhaitez », a-t-il ajouté.
La Journée mondiale de l’eau 2025 a pour thème « La préservation des glaciers ».
Les glaciers sont indispensables à la vie. Leur eau de fonte est essentielle pour l’eau de boisson, l’agriculture, l’industrie, la production d’énergie propre et la santé des écosystèmes.
En Guinée, malheureusement, comme plusieurs années antérieures, cette journée passe inaperçues.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



