Chaque année, le classement des pays les plus heureux au monde est établi par le World Happiness Report à l’occasion de la journée internationale du Bonheur. Dans son dernier rapport publié le 20 mars, l’organisation dévoile la place de la Guinée au 102e rang mondial, avec un score de 4,929 sur 10. De surcroît, la Guinée se classe devant des pays comme le Maroc, le Nigeria , le Ghana et le Sénégal
Que pensent les citoyens de ce classement de la Guinée ? avenirguinee a promené son micro vendredi 21 mars dans les rues de Conakry.
Rencontré dans un café-bar à Gbessia, Alseny Bangoura n’a pas caché sa frustration. Pour lui, ce rapport n’a aucun lien avec la réalité.
« Je ne pense pas que ce soit une réalité, car les gens souffrent dans ce pays. La Guinée est un pays indépendant comme la France, l’Angleterre et d’autres, mais nous vivons au jour le jour. On vit dans la misère, la population est affamée. Quand tu prends un mois, il y a des familles qui ne peuvent même pas se nourrir pendant 10 jours, c’est réel. Mais si, malgré cela, on dit que nous sommes heureux, c’est eux qui savent. On est pitoyables dans notre pays », a-t-il déclaré.
Même réaction de Saliou Camara, rencontré à la Minière, qui pense que la Guinée ne mérite pas cette place en raison de plusieurs facteurs.
« Je n’accorde pas d’importance à ce rapport, car on ne peut pas comprendre qu’on dise que la Guinée est le pays le plus heureux devant le Maroc et d’autres pays. Qui dit aujourd’hui que le Guinéen est heureux se trompe. La réalité est devant nous : de Conakry à l’intérieur du pays, vous verrez de nombreuses personnes qui n’ont même pas le minimum pour vivre. Alors, sur quoi se sont-ils fondés pour dire que la Guinée est un pays heureux ? C’est un rapport qui a été fait par un groupe restreint, qui n’a pas tenu compte de la réalité. Même à Conakry, on ne peut pas dire que le Guinéen est heureux. Nous entendons des femmes, des jeunes qui n’ont pas d’emploi et qui ont du mal à joindre les deux bouts. Ça ne colle pas à la réalité guinéenne », a-t-il indiqué.
Contrairement à ses prédécesseurs, Aboubacar Traoré, élève, estime qu’en raison de la richesse du pays en sous-sol, de la liberté dont jouissent ses citoyens, et de la stabilité, la Guinée peut être considérée comme un pays heureux.
« Nous avons la liberté de circuler ici, contrairement à certains pays. La liberté d’expression est présente, donc nous pouvons dire que nous sommes heureux. Il y a aussi la paix ici. Dans d’autres pays, certaines libertés ne sont pas permises. Ici, on se promène et personne ne nous demande nos papiers. L’autre aspect, c’est le paiement des impôts. Dans certains pays, c’est extrêmement élevé. Mais chez nous, c’est raison. Et puis, il n’y a pas de crises mjeures qui freinent le pays », a-t-il expliqué.
Selon le World Happiness Report, les critères de notation sont essentiellement axés sur plusieurs indicateurs clés, notamment le produit intérieur brut (PIB) par habitant, le soutien social, l’espérance de vie en bonne santé, la liberté, la générosité et la perception de la corruption.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



