Comme annoncé dans l’un de nos précédents articles, un incendie s’est déclaré à 4 heures du matin, ce mercredi 12 février 2025, dans des ateliers de menuiserie situés à Dabody Bafond, causant d’importants dégâts matériels.
Selon les témoins, l’incendie n’est pas dû à un court-circuit. Il semble plutôt que des femmes préparant du riz aient jeté les cendres de leurs foyers dans la poussière de bois, qui a pris feu et propagé les flammes jusqu’aux ateliers, provoquant d’énormes dégâts. Plusieurs ateliers de menuiserie ainsi que leur contenu ont été entièrement consumés par les flammes.
Elhadj Mamadouba Yansané, l’une des victimes de cet incendie, est revenu sur l’origine du feu :
« Non, ce n’était pas un court-circuit. Ce sont des femmes qui préparaient du riz et qui ont jeté les cendres de leur fourneau en feu dans la poussière de bois ici. Cela a pris feu et s’est propagé jusqu’aux ateliers. Mon atelier en fait partie, mais rien n’a été sauvé. Il y avait neuf (9) armoires à quatre battants, huit (8) armoires à trois battants, onze (11) lits de 4 places, et dix (10) lits de 4 places en commande, tout était déjà fini, et tout est parti en fumée. Mes apprentis ont aussi tout perdu, ainsi que mes voisins qui ont subi de lourdes pertes, » a-t-il déclaré, les larmes aux yeux.
Mamadouba Soumah, un autre menuisier et victime, a expliqué ce qu’il a perdu dans cet incendie :
« Mon atelier a été complètement calciné, même une aiguille n’a pas été retrouvée. Il y avait plus de 15 armoires à quatre battants, tout était déjà terminé. Il y avait aussi une commande de bibliothèques de dix unités, chaque bibliothèque valant 4 millions, ainsi que 10 lits de 4 places, tout a été calciné dans cet incendie. Ce n’est pas un court-circuit cette fois-ci, ce sont des femmes qui préparaient du riz et qui ont jeté les cendres de leur fourneau dans la poussière de bois, ce qui a pris feu et a atteint les ateliers, » a-t-il précisé.
Il a également rappelé : « Vous savez, ici, là où nous sommes, c’était autrefois la mer. Il y avait un vieux qui cultivait ici, et toute la zone était une mangrove. C’est nous qui avons poussé et détruit cette mangrove, avec force, pour créer nos ateliers de menuiserie. Cela remonte à 1986. »
Enfin, il a lancé un appel aux autorités de la transition : « Ce que nous demandons aujourd’hui au président de la transition, Mamadi Doumbouya, c’est de nous venir en aide. Nous formons plus de mille jeunes ici, par les métiers, mais aujourd’hui, tous ces jeunes se retrouvent au chômage. Il y en a même qui dormaient ici et qui, aujourd’hui, n’ont plus d’endroit où passer la nuit. Il y a des familles qui se nourrissent ici, mais comment ces familles vont-elles se nourrir maintenant que tout est parti en fumée ? Nous demandons à être aidés pour construire des ateliers modernes, afin qu’il n’y ait plus d’incendies ici. »
Un jeune, visiblement inconsolable, a ajouté : « Mon père est décédé. Tout ce que j’avais avec lui a brûlé, même un simple morceau n’a pas été retrouvé. Rien n’a survécu dans l’incendie. Il faut que le gouvernement nous aide à rembourser les gens, sinon je vais mourir de désespoir, car je ne sais pas quoi faire. »

Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
Tél : 621 269 981



