La consommation de thé, appelé localement « attraya », occupe une place importante dans la société guinéenne. Dans certaines régions du pays, il n’est pas rare de voir des jeunes passer des journées entières ou des nuits autour d’un bradat (récipient traditionnel) en train de consommer du thé. Certains le consomment pour lutter contre la fatigue, tandis que d’autres le considère comme un passe-temps. Toutefois, ces habitudes suscitent des questions sur les effets de cette consommation sur la santé, notamment en ce qui concerne son lien avec l’apparition du diabète.
Pour en parler, nous avons rencontré le Dr Amadou Yalla Camara, anesthésiste-réanimateur et chef du service des urgences à l’hôpital national Donka, qui a partagé son expertise sur le sujet.
Lors de cette interview, Dr Amadou a souligné que la consommation du thé n’est pas une pratique nouvelle. « Ce que je vais vous dire d’abord, le thé ou attrayant, c’est à peu près comme les autres thés. Le thé ou attrayant, sa consommation directe n’a pas de lien de causalité établi de façon formelle, de façon factice, sur la santé humaine », explique-t-il. Selon lui, le thé est consommé depuis l’Antiquité dans plusieurs régions du monde, notamment en Chine et dans d’autres pays asiatiques, sans qu’une hausse de maladies telles que le diabète soit observée. « La prévalence du diabète dans ces pays n’est pas plus élevée qu’ailleurs. Nous recevons beaucoup de diabétiques à l’hôpital, mais leur diabète n’est pas nécessairement lié à la consommation du thé », précise-t-il.
Il est important de noter que, d’après Dr Amadou, le diabète de type 2 résulte d’un ensemble de facteurs et ne peut être attribué à la consommation de thé seul. « Le diabète est multifactoriel. Il y a beaucoup de facteurs qui interviennent, notamment nos habitudes alimentaires et la consommation de produits manufacturés, pas seulement du thé », ajoute-t-il.
Concernant les avantages du thé, le médecin affirme qu’il n’y a pas de bénéfices spécifiques à sa consommation. « Personnellement, je prends rarement du thé. Je le bois parfois, mais seulement lorsqu’on me l’offre. Le thé, tout comme le café, peut avoir certains effets bénéfiques sur l’activité cardiovasculaire, mais son principal effet reste la saveur. Les gens apprécient le goût du thé et l’utilisent souvent comme un stimulant », explique-t-il.
Cependant, Dr Amadou met en garde contre l’abus de thé ou de toute autre substance contenant du sucre. « La consommation abusive de toute chose est mauvaise. Passer son temps à consommer quelque chose de sucré n’est pas du tout recommandé », avertit-il. « Le thé, comme le café, ne doit pas être consommé de manière excessive. Une à trois tasses par jour peuvent être suffisantes pour profiter de ses effets recherchés, comme la stimulation ou le goût, mais l’abus n’est jamais conseillé. »
Le médecin conclut par un message de prudence : « L’abus de toute chose est mauvais. La consommation de thé, dans le cadre de nos habitudes, n’entraîne pas directement le diabète. Ce dernier est souvent lié à des facteurs externes comme la consommation de sucre ou de produits manufacturés. Le thé, en soi, n’est pas un facteur déclencheur du diabète. »
Ainsi, même si la consommation de thé reste populaire en Guinée, il est essentiel de comprendre que son impact sur la santé dépend largement des habitudes alimentaires générales et de l’équilibre dans la consommation de tout produit, surtout ceux contenant du sucre.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



