Me Sidiki Bérété, avocat de l’ex-Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana, a vivement réagi après le refus du juge de permettre à son client de se faire soigner à l’étranger, alors que ce dernier souffre d’une grave maladie. Dans une déclaration pleine d’émotion, Me Bérété a dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte flagrante aux droits fondamentaux de son client.
« Aujourd’hui, l’heure est sombre pour le droit. C’est la cour qui a ordonné l’évacuation sanitaire de Dr Kassory Fofana. La cour a constaté l’arrêt, mais le procureur refuse d’exécuter cette mesure. Puis, on déclare le débat clos. On appelle ça : mission accomplie », a-t-il affirmé, soulignant l’absurdité d’une décision qui empêche une personne malade de recevoir les soins nécessaires.
L’avocat a ensuite exprimé son inquiétude quant à la partialité de la justice, en particulier de la CRIEF (Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières), qu’il accuse de favoriser les intérêts de la transition plutôt que ceux du peuple guinéen. « La mission de la CRIEF, c’est de servir la transition. Il est difficile de soutenir Kassory, cloué sur son lit de malade. Il ne peut pas se tenir debout. On lui refuse des soins, ainsi que ses droits élémentaires et humanitaires. »
Me Sidiki Bérété a également dénoncé la clôture du débat judiciaire, qu’il considère comme prématurée et injuste. « On ordonne la clôture des débats sans débat, puis on passe aux réquisitions et plaidoiries. C’est sombre pour la justice », a-t-il expliqué, accusant la cour de rendre des décisions sans même permettre à son client de se défendre de manière adéquate.
L’avocat a également mis en lumière la situation de son client, qu’il décrit comme étant victime de « harcèlement, de détention arbitraire et d’un coup de force ». Il a ajouté que Kassory Fofana est dans une situation de grande souffrance, « ses comptes sont gelés, il n’a plus de vie privée et il est condamné à mourir. Etant malade, on lui refuse des soins. »
Me Sidiki Bérété a conclu son intervention en annonçant qu’il continuerait la lutte pour la justice. « Le 20 janvier, nous viendrons les écouter et les observer. Mais s’il y a une décision rendue, on va faire recours. Nous ne resterons pas les bras croisés. Sans débat, on lui refuse des soins et on essaie de le juger par défaut. Force reste à la loi, et la bataille continue conformément à la loi. »
Fodé Camara pour avenirguinee.org



