Dans une lettre publiée hier soir, Maître Mohamed Traoré, jusque-là conseiller au Conseil National de la Transition (CNT), a annoncé sa démission en tant que conseiller. Dans cette lettre, Me Traoré exprime son désaveu concernant le non-respect du chronogramme de la transition, fixé pour le 31 décembre 2024.
Lors d’une interview exclusive accordée à notre rédaction ce mardi 14 janvier 2025, Dr Ibrahima Sory Diallo, président d’ADC/BOC, a partagé son analyse de cette situation. Selon lui, la démission de Me Traoré soulève plusieurs questions.
« Je pense que Me Traoré aurait d’abord dû poser la question à l’interne, chercher à savoir la position du CNT », a déclaré Dr Diallo. « Il pouvait même poser la question à la plénière. Maintenant, lorsque la question n’est pas posée à la plénière, il n’a fait que respecter le délai qui est là. C’est son droit, mais c’est une question quand même. Il est avocat, il aurait dû poser la question en plénière pour savoir ce que pense le CNT, surtout après que nous avons validé les 36 mois de transition. »
Dr Diallo souligne également l’importance du respect des engagements au sein du CNT : « Le président n’a jamais pris position, et il a renvoyé les élections à courant 2025, ce qui est une question centrale. C’est une question que tous les conseillers devraient discuter. Mais Me Traoré n’a pas voulu communiquer à ce sujet, il a voulu respecter son engagement et son serment. Je ne peux que prendre sa décision en considération. On ne peut pas lui reprocher quoi que ce soit. Il n’est pas manipulé par-ci par-là. Tout ce que j’ai vu dans sa lettre est simple, il n’a attaqué personne, ni le CNRD. »
Concernant les répercussions de cette démission, l’homme pense que celle-ci pourrait inspirer d’autres conseillers à suivre le même chemin. « La démission est personnelle. Lorsque vous décidez de démissionner, c’est bon pour vous. Et si Me Traoré a lancé la balle, d’autres aussi qui évoluent dans le même sens sont libres de prendre leurs décisions », estime-t-il.
Cependant, Dr Diallo appelle à un débat plus large sur l’avenir de la transition : « Il faut aujourd’hui que les conseillers nationaux se retrouvent et rencontrent le CNRD au sujet du report des élections, car le CNT avait validé les 36 mois de transition. Nous ne connaissons pas le référendum, ni les activités à mener. On ne connaît pas non plus ce que le PNRAVEC va nous donner comme fichier électoral. Est-ce que les élections présidentielles se tiendront ? Quand auront lieu les législatives et les élections locales ? Tout ce que nous savons, c’est qu’elles auront lieu courant 2025, ce qui nous inquiète. »
Pour le leader d’ADC/BOC, la démarche de Maître Traoré, bien que personnelle, mérite d’être saluée : « Si le maître a pris sa décision en fonction de ses engagements personnels, tout ce qu’il a cité dans sa lettre, nous saluons sa démarche. Je ne suis pas contre cette décision », a-t-il déclaré.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org



