Le Général Mamadi Doumbouya, président de la Transition en Guinée, a récemment pris une décision capitale qui illustre son intransigeance face aux dérives de l’administration publique. Malgré les liens affectifs forts qu’il entretient avec Mandian Sidibé, le chef de l’État n’a pas hésité à prendre une mesure radicale et symbolique : renvoyer celui qui est au centre de vives critiques ces derniers temps. Ce geste est un message clair : dans la gouvernance, l’intérêt public et la rigueur doivent primer sur les relations personnelles et familiales.
Mandian Sidibé, à la tête de l’OGP (Office Guinéen de la Publicité), a été responsable d’une gestion désastreuse qui a plongé cette institution dans la crise. Pendant plusieurs mois, les employés de l’OGP ont souffert de l’absence de salaires, ce qui a généré un climat de mécontentement et de frustration. Cette situation a mis en lumière non seulement l’incapacité du Directeur Général à gérer la situation, mais aussi des dérives plus profondes au sein de l’institution, notamment un » favoritisme et un népotisme » omniprésents. L’OGP, supposée générer des ressources pour l’État, était devenue un terrain de pratiques douteuses, où les liens familiaux et personnels semblaient primer sur la compétence et l’éthique.
Dans ce contexte, la décision du Général Doumbouya est d’autant plus significative. Malgré l’amitié qui le liait à Mandian Sidibé et la proximité de ce dernier avec sa propre mère, le président a su faire abstraction de toute pression familiale. Ce choix ferme témoigne de la volonté du président de placer l’intérêt général et la justice au-dessus des liens personnels. En choisissant de sanctionner Sidibé, le Général Doumbouya montre qu’aucun lien, qu’il soit familial ou affectif, ne saurait justifier la négligence et l’incapacité à gouverner avec rigueur.
Mandian Sidibé, malgré ses nombreuses apparitions dans la presse dans la defense affichée de la Transition, n’a pas échappé à la sanction. Cette décision envoie une vérité fondamentale : aucune personne, aussi proche du pouvoir ou de la famille présidentielle qu’elle soit, n’est à l’abri de la responsabilité. Le message est limpide : il n’y a pas de place pour l’impunité au sein des institutions publiques.
Le cas de Mandian Sidibé représente un défi que le Général Doumbouya doit relever au quotidien : comment gérer les institutions publiques tout en équilibrant les pressions familiales et personnelles. En prenant cette décision difficile, le président envoie un signal fort à tous ceux qui pourraient être tentés de se protéger derrière des liens familiaux ou des privilèges personnels. Il rappelle ainsi que la responsabilité, la transparence et la rigueur sont les fondements d’une gouvernance digne de ce nom.
Le renvoi de Mandian Sidibé par le Général Doumbouya est bien plus qu’une sanction : c’est un acte politique fort, un acte de gouvernance exemplaire. Il marque un tournant dans la gestion des affaires publiques et envoie un message sans ambiguïté à tous ceux qui, par leur proximité avec le pouvoir, pourraient croire qu’ils sont au-dessus des lois et des principes de gestion. Le Général Doumbouya prouve ainsi qu’il est prêt à faire face aux dérives, même lorsqu’elles touchent ses proches, pour garantir l’intégrité des institutions et défendre l’intérêt de la nation.
Mohamed Cissé pour avenirguinee.org



