Ce lundi, à l’image des autres pays, la Guinée a célébré la Journée Internationale de l’Artisanat, une journée dédiée aux artisans pour exprimer leur savoir-faire.
Depuis sa création en 1968, soit 56 ans, c’est la première fois que la Guinée célèbre cette journée pour les artisans. C’est la Fédération Nationale des Artisans de Guinée (FENAG) qui a organisé cet événement au Palais du Peuple.
Le ministre de la Culture a présidé cette rencontre en compagnie de quelques membres du mouvement.
Après l’allocution du président de la FENAG, le porte-parole des artisans de Guinée, Amara Touré, a exprimé leurs difficultés concernant l’obtention des matières premières.
« Vous savez, aujourd’hui, notre première difficulté est le manque de soutien de l’État, le manque d’organisation pour l’obtention de nos matières premières. Nos matières premières sont souvent banalisées et très difficiles à obtenir. Le financement nous manque beaucoup, et l’État ne fait pas suffisamment d’efforts pour valoriser ce que nous faisons, contrairement à d’autres pays. Spécifiquement dans la menuiserie, 95 % du bois utilisé vient de la forêt, et ce bois est difficile à obtenir malgré sa présence sur le marché à un prix exorbitant. Le gouvernement ne fait aucun effort pour harmoniser les prix, tout est laissé à la merci des vendeurs de bois. Dans la cordonnerie, par exemple, la principale matière première est la peau de bœuf, qui est difficile à obtenir. Nous devons envoyer les peaux au Burkina Faso ou au Mali pour les traiter avant de pouvoir les utiliser. En bijouterie, l’or, une matière première essentielle, est également très difficile à obtenir ici. Nous ne nous décourageons pas, nous continuerons à nous battre jusqu’à ce qu’il y ait un changement. Un autre grand problème est la fédération. La FENAG devrait se battre beaucoup plus pour les artisans auprès du gouvernement et des institutions internationales, mais cela n’est pas encore fait », a-t-il déclaré.

Prenant la parole, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, M. Moussa Moïse Sylla, a souligné que l’artisanat joue un rôle crucial pour la cohésion sociale.
« L’artisanat joue un rôle crucial dans la refondation de notre État en renforçant la cohésion sociale. En promouvant nos savoir-faire traditionnels, nous favorisons l’inclusion économique des jeunes et des femmes, souvent marginalisés, et contribuons à la préservation de notre patrimoine culturel. En offrant des opportunités concrètes de participation à l’économie nationale, l’artisanat renforce notre identité culturelle et nationale. En outre, l’artisanat est essentiel pour la cohésion sociale en Guinée. Il offre des opportunités économiques aux jeunes et aux femmes, souvent marginalisés, les intégrant ainsi dans le tissu économique national. En promouvant nos savoir-faire traditionnels, nous renforçons également notre identité culturelle nationale, tout en créant un avenir plus inclusif et prospère pour tous », a-t-il dit.
Il a également souligné que « le secteur de l’artisanat en Guinée bénéficie d’une attention particulière grâce à la volonté du Président de la République et à l’engagement du Gouvernement. Plusieurs initiatives ont été lancées pour soutenir et développer ce secteur crucial. Parmi ces initiatives, on peut citer les projets de construction de Villages artisanaux dans les chefs-lieux des régions administratives, notamment à Kindia, Labé, Lola pour N’Zérékoré, Faranah, Kankan et Boké. Ces projets sont conçus pour répondre aux besoins des artisans en termes de production, de formation, d’exposition et de commercialisation de leurs produits. De plus, un Centre artisanal pilote est prévu à Conakry, marquant une étape importante dans la structuration et la modernisation du secteur. Pour assurer la réalisation rapide et efficace de ces projets, des mesures ont été prises en collaboration avec l’Administration et le Contrôle des Grands Projets (ACGP), incluant l’amélioration du suivi et de l’évaluation des travaux. Ces Villages artisanaux sont conçus pour offrir aux artisans des débouchés pour leurs produits, favorisant ainsi la création d’emplois, la production de valeur ajoutée et la promotion du « Made in Guinea ». Le Chef de l’État, le Général de Corps d’Armée Mamadi Doumbouya, a donné des instructions précises concernant la formation des jeunes à travers ces Villages artisanaux, afin de préserver les anciennes traditions artisanales du pays. Cela contribue à améliorer la qualité et les compétences commerciales de nos artisans, en particulier celles des femmes, tout en favorisant la création d’emplois, renforçant ainsi le vivre-ensemble grâce au partage du génie créatif artisanal guinéen. »

Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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