Le corps sans vie de Moustapha Sylla, âgé d’environ 25 ans, a été découvert au petit matin ce vendredi 4 septembre à Gbessia Cité de l’Air. Alors que les premières rumeurs évoquent un accident lié aux intempéries, la famille et les proches de la victime s’inscrivent en faux contre cette version. Retrouvée nue et portant des marques de violence, la dépouille du jeune homme suscite une vive émotion et de lourdes interrogations.
C’est aux environs de 3 heures du matin, dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 septembre 2026, que le drame a été constaté. Le corps du jeune homme, DJ de profession et enseignant, gisant près d’un caniveau, à proximité de sa moto entièrement endommagée, a été découvert par des riverains.
Si la thèse d’un emportement par les eaux de ruissellement provoquées par les fortes pluies a rapidement circulé, la famille de la victime rejette catégoriquement cette explication.
Interrogé sur place, le frère aîné du défunt retrace le fil des événements : « Quand il est parti au travail car il est aussi enseignant il m’a appelé pour me demander où j’étais. Hier soir, vers 4 ou 5 heures du matin, alors que tout le monde dormait à la maison à cause de la fatigue et de la pluie, un jeune est venu frapper à ma porte. Il m’a dit : « Habille-toi tout de suite ! » Je suis sorti précipitamment pour aller sur les lieux du drame et identifier le corps. C’était bien lui. »
Le frère aîné exprime de sérieux doutes quant à un simple accident causé par les intempéries :
« Selon ce qui se dit, il aurait été emporté par les eaux. Quand je suis arrivé, sa moto avait été déplacée. En examinant son corps, j’ai constaté des traces de violence au niveau du visage. De plus, il était complètement nu. L’eau ne peut pas déshabiller un corps de la tête aux pieds ; les vêtements ne s’arrachent pas ainsi. Il était recouvert d’un drap, et c’est au moment de le porter dans l’ambulance que je me suis rendu compte qu’il n’avait ni chemise ni pantalon. Vu l’état des lieux, je n’ai aucune certitude. J’avais demandé une autopsie, mais elle n’a pas été réalisée. »
Un constat partagé par Mohamed Condé, ami et confident de la victime, chez qui Moustapha Sylla devait passer la nuit : « C’est à 5 heures du matin, alors que je venais de me coucher épuisé, qu’on m’a annoncé le décès de Moustapha. J’ai sursauté, je me suis habillé en vitesse et je suis venu sur place. Honnêtement, je ne peux pas croire que c’est l’eau qui l’a entraîné là. Seuls ceux qui se sont rendus sur le terrain peuvent comprendre. Certes, la moto était complètement endommagée, mais la thèse de la noyade reste très difficile à croire. »
Interrogé sur d’éventuelles tensions ou rivalités dans la vie du jeune homme, Mohamed Condé se montre formel : « Non, pas du tout, il n’avait de problème avec personne. Il était comme mon confident. Dès qu’il avait un souci, il venait m’en parler. La dernière fois qu’on s’est vus, on parlait de sa famille qui réside à Tanènè. C’était un DJ très sérieux dans son travail. Je doute vraiment des circonstances de sa mort. ».
Au moment où notre équipe quittait les lieux, l’inhumation de Moustapha Sylla était programmée ce vendredi 4 septembre, juste après la prière de 14 heures.
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org



