Quatre ans après l’affaire tragique de M’Mah Sylla, une nouvelle histoire de viol présumé en milieu médical secoue l’opinion publique. Mme Tadi Kourouma brise le silence et accuse son Gynécologue, le Dr Ismaël Sylla, de l’avoir violée lors d’une consultation sous anesthésie en 2022. Entre divorce, enfant né de cette agression présumée et bataille judiciaire, le dossier prend une tournure médiatique explosive.
Un acte médical qui bascule dans l’horreur
Tout commence en 2022. Mme Tadi Kourouma consulte le Dr Ismaël Sylla, son médecin depuis 2017, pour des douleurs abdominales. Ce dernier lui préconise un « lavement des trompes ». Selon le récit de la plaignante, l’intervention tourne au drame après une injection intraveineuse : « Il m’a fait une injection qui m’a endormie de 18h à 21h. À mon réveil, je lui ai demandé ce qu’il m’avait fait. Il m’a avoué qu’il n’avait pas pu me résister et qu’il avait couché avec moi », raconte-t-elle avec émotion.
Sous le choc, et sur conseil de sa mère pour « préserver son foyer », elle garde initialement le silence. Mais deux semaines plus tard, elle découvre qu’elle est enceinte. Le médecin lui aurait alors proposé un avortement, qu’elle refuse. À huit mois de grossesse, son mari, résidant à l’étranger, découvre la situation. Le divorce est immédiat.
Aujourd’hui mère d’une fillette de près de quatre ans, Mme Kourouma affirme que le médecin a reconnu l’enfant et a même financé un logement à Sonfonia pendant un an avant d’arrêter tout soutien. Elle dénonce une tentative d’arrangement à l’amiable au détriment d’une véritable sanction pénale.
« Ils ont toujours dit qu’il devait juste s’occuper de moi. Ils n’ont pas fait ce qui se doit. Tant que justice n’est pas faite, je ne retirerai pas ses images des réseaux sociaux », martèle-t-elle, décidée à dénoncer ce qu’elle qualifie d’impunité.
La défense contre-attaque : « Il n’y a aucune procédure de viol »
Ce mardi 7 avril 2026, notre rédaction a rencontré le Dr Ismaël Sylla. Ce dernier nous a orientés vers son conseil, Maître Facinet, pour livrer sa version des faits. La défense rejette en bloc les accusations de viol et dénonce une campagne de dénigrement.
« De 2022 jusqu’à nos jours, nous n’avons reçu aucune invitation d’aucune juridiction pour un cas de viol. À aucun moment, mon client n’a été convoqué pour de tels faits », soutient l’avocat.
Selon lui, la seule procédure en cours devant le Tribunal de Dixinn concerne des faits de chantage, diffamation et injures, portés par le Dr Sylla contre Mme Kourouma. L’avocat brandit d’ailleurs une ordonnance de renvoi (n°178) rendue le 21 mars 2026 par le cabinet du juge d’instruction Abdoulaye Petel-Diallo.
« Nous ne sommes pas devant le tribunal pour viol, mais pour injures et chantage. L’ordonnance de renvoi en fait foi. Nous attendons le jour du jugement pour que la vérité éclate », a-t-il précisé, promettant de mettre une copie de ladite ordonnance à disposition de la presse.
Cette affaire, au-delà de la bataille juridique, relance avec acuité la question de l’éthique et de la sécurité des patientes dans les cliniques privées de la place. Entre une femme qui réclame justice pour sa dignité brisée et un médecin qui dénonce une tentative de chantage, le Tribunal de Dixinn devra trancher l’un des dossiers les plus sensibles actuellement.
Dossier à suivre…
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org
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