C’est une tragédie rare et insoutenable que vit la famille de dame Adama Bah. Cette mère de famille se retrouve aujourd’hui à veiller sur trois de ses quatre enfants, tous frappés par une maladie mentale sévère. Sans ressources et à bout de forces, la famille a ouvert ses portes à notre rédaction ce dimanche 15 mars 2026 pour lancer un cri de détresse.
Dans une cour de Conakry, le spectacle est désolant : deux femmes et un homme, autrefois pleins de vie et d’avenir, errent désormais sans conscience, dormant à la belle étoile, exposés au soleil et aux intempéries.
Ismaël Bah, le jeune frère des victimes, explique avec émotion le parcours de ses sœurs qui étaient pourtant mariées et installées à l’étranger : « Ma sœur Hadjiratou Bah vivait en Guinée-Bissau avec son mari et ses enfants. Elle est tombée malade là-bas et depuis son retour, son état ne fait qu’empirer. Sa cadette, Fatoumata Batouli Bah, a connu le même sort. Elle vivait à Dakar avec ses deux enfants. Cela fait cinq ans qu’elle est revenue au pays, l’esprit totalement troublé », confie-t-il.
Le troisième, Ibrahima Bah, était un mécanicien de citernes respecté à Bambeto vers les années 2007. « Nous l’avions envoyé à l’hôpital national Donka, mais les coûts de traitement étaient tellement énormes que nous avons dû arrêter, de peur de ne pas pouvoir finir le protocole médical », regrette Ismaël.
La famille avoue avoir tenté les soins traditionnels pour les deux sœurs, sans aucun succès. Aujourd’hui, le quotidien est devenu un véritable calvaire financier et émotionnel pour leur vieille mère qui n’a aucun moyen de subsistance.
« C’est ici, dehors, qu’elles passent la nuit et la journée sous le soleil. Voir ses sœurs qui étaient mariées à l’étranger revenir dans cet état est un traumatisme quotidien », ajoute le jeune frère.
Face à l’ampleur de la situation, la famille Bah sollicite l’intervention urgente des autorités guinéennes, du ministère de la Promotion Féminine et de l’Enfance, ainsi que de toutes les personnes de bonne volonté.
« Nous demandons au gouvernement et aux bienfaiteurs de nous aider pour que mes frères et sœurs retrouvent leur santé. Nous ne pouvons plus faire face seuls à cette charge », conclut Ismaël Bah.
Sona Sylla et Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
621 26 99 81



