Située à 245 kilomètres du centre-ville de Télimélé, dans la sous-préfecture de Kawessi, l’école primaire de Dougourou traverse une crise sans précédent. Entre déficit criant de personnel et absence de manuels pédagogiques, l’avenir scolaire des enfants de cette localité est sérieusement menacé.
Le constat est alarmant. À Dougourou, le système éducatif ne tient plus qu’à un fil. Mamadouba M’mah Sylla, directeur de l’établissement, se retrouve dans une position intenable : il doit assurer la gestion administrative tout en dispensant des cours, faute d’effectifs suffisants.
La structure de l’école ne permet plus un encadrement normal des élèves. Le manque de personnel oblige les encadreurs à des acrobaties pédagogiques épuisantes.
« Nous avons six groupes pédagogiques pour seulement trois enseignants. Chaque enseignant est obligé de gérer deux classes à la fois. Nous pratiquons la double vacation. C’est le plus grand problème que nous rencontrons ici. En plus de mes responsabilités de directeur, je suis moi-même chargé de cours », explique Mamadouba M’mah Sylla au micro d’avenirguinee.org.
Cette surcharge de travail impacte directement la qualité de l’apprentissage. Les classes sont bondées et le suivi individuel des élèves est devenu quasi impossible. À ce tableau sombre s’ajoute une pénurie de manuels scolaires et de supports didactiques, laissant les enseignants et les élèves sans outils de travail essentiels.
À l’approche des évaluations de fin d’année, l’inquiétude grandit. Le personnel actuel se bat pour maintenir un service minimum, mais le directeur prévient : sans renfort, la situation va s’aggraver.
« Nous nous battons malgré ces difficultés, mais l’État doit intervenir le plus rapidement possible. Nous sommes à deux mois des examens nationaux et nous n’avons toujours ni matériel, ni enseignants supplémentaires », martèle-t-il avec émotion.
Profitant de la présence de notre rédaction dans cette zone enclavée, le directeur a lancé un appel solennel aux plus hautes autorités du pays, notamment au ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation.
« Les enfants doivent bénéficier d’une formation de qualité. Nous sommes à 245 kilomètres du centre-ville et nous avons rarement l’occasion de nous exprimer dans les médias. Je sollicite l’appui du préfet de Télimélé pour porter notre voix auprès du ministère et du Président de la République », plaide le directeur.
Pour l’école de Dougourou, le renforcement du personnel et la dotation en documents pédagogiques ne sont plus des options, mais une nécessité absolue pour garantir l’équité éducative en Guinée.

De retour de Télimélé, Naby Moussa Sylla pour avenirguinee.org
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