Bien que les festivités officielles de la Journée internationale des droits de la femme soient reportées au mois d’avril, ce dimanche 8 mars reste une date historique pour la junte féminine. Cependant, sous le thème « Droit, Justice, Action pour toutes les femmes », la réalité du marché de Gbessia dépeint un quotidien bien loin des slogans officiels.
Dans les allées du marché, l’ambiance n’est pas à la fête pour toutes. Si certaines citoyennes formulent des requêtes précises à l’endroit des autorités, d’autres dénoncent avec vigueur la précarité croissante à laquelle elles sont confrontées.

Fatoumata Soumah, quadragénaire et vendeuse de feuilles de patates depuis plus de quatre ans, ne perçoit aucune amélioration dans sa condition de vie malgré les célébrations annuelles.
« C’est vrai que c’est une journée à laquelle nous sommes célébrées, c’est une bonne chose, mais moi je ne trouve pas de particularité puisque nous souffrons. Nos maris ne travaillent pas, nous sommes obligées de venir vendre ici pour avoir de quoi mettre dans la marmite et payer la scolarité des enfants. Moi je demande donc humblement à l’État de nous venir en aide. »
N’sira Touré, vendeuse d’ingrédients culinaires, voit d’un bon œil le décalage des cérémonies officielles. « Nous avons l’habitude de partir au palais du peuple pour fêter cette journée, mais le fait que ces festivités soient reportées en avril, c’est une très bonne chose. Nous prions donc pour son bien et la quiétude sociale », explique-t-elle.
Cependant, ce sentiment n’est pas partagé par une quinquagénaire, vendeuse de sel, qui a requis l’anonymat. Pour elle, le format actuel de cette journée est inefficace pour les femmes des marchés.
« Malheureusement la journée n’est résumée qu’à la fête et celles qui sont bureaucrates viennent tenir des discours qui ne nous sont d’aucune utilité. Il faut que cela change. Nous nous battons dans les marchés pas par choix mais par nécessité alors mettons de côté la célébration et faisons l’essentiel », a-t-elle dénoncé avec fermeté.

Ces déclarations des vendeuses au marché de Gbessia révèlent le fossé entre les discours institutionnels et la résilience quotidienne des femmes guinéennes qui luttent pour la survie de leurs foyers.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



