Dans les boîtes de nuit, les lounge-bars et divers lieux de loisirs de la commune urbaine de Boké, il est de plus en plus courant de rencontrer des jeunes filles âgées de 16 à 30 ans, une bouteille d’alcool à la main. Ce phénomène, jugé inquiétant par de nombreux citoyens, suscite de vives interrogations au sein de la population.
Selon plusieurs habitants interrogés, la situation a radicalement changé ces dernières années. « Avant, seuls les hommes s’adonnaient à ces vices. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. On ne peut pas y croire tant qu’on ne l’a pas vu de ses propres yeux. Il suffit de se rendre dans les lieux de récréation pour constater l’ampleur du phénomène, et cela fait vraiment mal au cœur. Pour beaucoup de jeunes filles de Boké, être une “star”, c’est boire de l’alcool. Pourtant, cette consommation détruit la personne, et pour une femme, c’est encore pire. Elle risque d’adopter un mauvais comportement et de ternir son image dans la société », déplore un citoyen visiblement choqué.
D’après plusieurs témoignages, l’expansion rapide des entreprises minières à Boké serait l’une des principales causes de cette hausse inquiétante de la consommation d’alcool chez certaines jeunes filles. Avec l’arrivée massive de travailleurs, la ville est devenue plus animée et les établissements de loisirs se sont multipliés.
« Aujourd’hui, Boké est une ville minière en plein essor, remplie de monde. Les bars et les lounges sont présents partout, à chaque coin de rue. C’est ce qui pousse certaines femmes à se tourner vers l’alcool. Et cela peut même empêcher une femme de trouver un mari et de fonder une famille », confie un habitant.
Pour d’autres jeunes filles interrogées, la femme doit rester un symbole de respect, de dignité et de responsabilité. Elles invitent leurs consœurs à prendre conscience des dangers liés à ces pratiques et à s’en éloigner.
« Sur certaines boissons, il est écrit noir sur blanc que la consommation de stupéfiants est nuisible à la santé. J’invite toutes les jeunes filles à abandonner l’alcool et la chicha. Si nous continuons ainsi, que dirons-nous à nos futurs enfants ? Nous devons reprendre notre destin en main », lance une jeune femme déterminée.
Outre l’alcool, plusieurs jeunes de Boké se livrent également à la consommation de stupéfiants, un comportement sévèrement condamné par les spécialistes de la santé. Selon eux, l’alcool, la drogue et autres substances nocives ont des conséquences graves sur la santé mentale et physique : dépendance, troubles comportementaux, maladies chroniques, risques d’accidents, entre autres.
Les professionnels appellent ainsi à un renforcement des campagnes de sensibilisation, à une meilleure éducation des jeunes et à une régulation plus stricte des espaces de vente et de consommation de ces produits.
Fatoumata Baylawou Baldé (Correspondante locale) pour avenirguinee.org



