Le mariage, union officielle de deux êtres chers devant Dieu et les hommes, est généralement accompagné de célébrations en République de Guinée.
Lors de ces moments de joie, certaines formalités restent pourtant incomprises par les participants, notamment la signature devant les religieux, dont beaucoup ignorent la portée réelle. Une nécessité ou simplement une formalité ?
Dans un entretien accordé à la rédaction d’avenirguinee ce mardi 21 octobre, Elhadj Mohamed Mensour Fadiga, doyen des imams de Guinée, a apporté des éléments de réponse. « Ce papier n’a de valeur que devant les deux parents. Nous avons fait la proposition lors des débats de la nouvelle Constitution. Et au Conseil islamique, on a mis ça dans notre rapport pour que les attestations de mariage religieux soient prises en considération. Nous sommes là-dessus. Comme les lois organiques ne sont pas finies, nous sommes sur le chemin. Mais pour le moment, ce que nous délivrons n’a pas de valeur juridique », a-t-il éclairci.
Selon l’imam ratif de la mosquée de Nongo, l’autorisation de la délivrance des certificats de mariage religieux émane du gouvernement, mais sous certaines conditions.
« C’est le gouvernement qui nous a autorisés, ça c’est depuis 2002, depuis l’ère Elhadj Ibrahima Sory Fadiga, alors ministre secrétaire général de la Ligue islamique. C’est à ce moment que nous avons fait la demande et le gouvernement nous a donné son accord, sous condition de revenir encore à la commune pour que celle-ci délivre également son propre document. Et cela fait deux travaux. C’est pourquoi nous sommes en train de lutter pour qu’une fois délivrée par la mosquée ou par l’église, l’attestation soit prise en considération comme celle donnée par la commune », a-t-il précisé.
Poursuivant son intervention, l’imam a ajouté que les mariés s’acquittent d’une somme avant la signature du certificat religieux.
« Chez nous à la mosquée, les mariés paient l’attestation. C’est cent mille francs et deux cent mille francs par couple », a-t-il martelé.
Dans un pays laïque comme la Guinée, la reconnaissance juridique de ce papier religieux pourrait-elle changer quelque chose ?
Attendons de voir.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org



