Comme annoncé par le gouvernement guinéen, ce lundi 6 octobre 2025 marque la reprise officielle des cours sur toute l’étendue du territoire national, après trois mois de vacances.
Mais à Konéyah, un district relevant de la sous-préfecture de Bangouya, dans la préfecture de Kindia, aucun cours n’a eu lieu pour plusieurs raisons : l’absence du seul enseignant communautaire, et l’état dégradé de l’unique école du village, devenu source de peur pour les parents d’élèves.
Interrogé par téléphone, Karamoko Alpha Sylla, notable de la localité, a exprimé son regret face à cette situation.
« Oui, c’est vrai, aujourd’hui c’était l’ouverture des classes sur toute l’étendue du territoire national. Mais nous, ici à Konéyah, il n’y a pas eu de cours parce que le seul maître qui est là a sa femme gravement malade. Il est à côté d’elle là-bas. Et on ne sait pas quand il va revenir. C’est un vrai souci pour nous, alors que l’éducation, c’est un programme scolaire, pas comme le Coran », a-t-il confié.
Concernant l’état de l’établissement, il ajoute : « Notre école actuelle est en hangar, elle ne peut pas recevoir les élèves. Ça coule quand il pleut et on a peur des serpents, parce que depuis la fermeture il y a trois mois, elle est restée toujours fermée. Donc il faut qu’on vérifie s’il n’y a pas de reptiles avant de libérer nos enfants. »
La question du personnel enseignant reste aussi un problème majeur : « Cette année, il y a plusieurs classes : la 3ème et la 4ème année doivent ouvrir. Mais le seul maître qui est là ne peut pas tout assurer. Il lui faut un assistant. »
Enfin, Alpha Sylla a lancé un appel aux autorités : « Nous demandons aux autorités éducatives et gouvernementales de nous aider à avoir une vraie école. Nous, on n’a pas eu la chance d’aller à l’école, mais nous voulons que nos enfants étudient, comme c’est mentionné dans la nouvelle Constitution. L’effectif ici peut aller jusqu’à 200 élèves cette année, car tous les secteurs envoient leurs enfants ici. Mais on a trop de difficultés. »
Il faut noter que cette école est la première et unique de cette localité, construite par un fils du village à travers son ONG.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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