Le scrutin référendaire du 21 septembre continue d’alimenter de vifs débats au sein de la population guinéenne. Si certains y voient une journée de sabotage, pour d’autres, il s’agit d’un événement réussi, marqué par une absence d’incidents, contrairement aux scrutins précédents.
Dans un micro-trottoir réalisé ce mardi 23 septembre à Gbessia, dans la commune du même nom, plusieurs citoyens se sont exprimés sur le déroulement de ce référendum constitutionnel, considéré comme une étape décisive vers la fin de la transition en Guinée.
Rencontré à quelques mètres du rond-point de Gbéssia, Ousmane, agent au service des impôts de la commune de Dixinn, évalue positivement le déroulement de la journée :
« Par rapport au déroulement de ces élections, ça s’est passé dans la plus grande sérénité. Tout le monde était motivé à mettre du bon. Nous qui sommes les électeurs, on est venus avec une idée dans la tête, pour que les choses se passent dans la plus grande transparence, comme on l’a vu. Il y avait de la sérénité, du calme partout. Oui, ça s’est bien passé, dans l’harmonie, dans l’enthousiasme. Rien n’a été signalé, contrairement aux années précédentes, dont le pays avait l’habitude d’enregistrer des cas de violence. Cette année, nous avons remarqué que rien ne s’est passé. »
Concernant l’affluence mitigée dans certains quartiers, il estime que cela est dû à une mauvaise compréhension de la population : « Après, il y a eu un problème d’incompréhension peut-être qui s’est posé de ce côté. Sinon, à 6h, ils ont ouvert les bureaux de vote chez nous. Parce que moi, je suis venu voter à 7h. Il y avait de l’affluence. Après avoir fini de voter, je me suis assis un peu dans la cour pour voir l’atmosphère de l’événement. Et il y avait de l’engouement, de la joie, de la gaieté. En tout cas, on est tous contents par rapport au déroulement de ces élections », a-t-il martelé.
Dans le même esprit, Fatoumata Baldé, couturière interrogée sous anonymat, a également salué le bon déroulement du vote : « Ça s’est bien passé, il n’y a pas eu de bruit ni de violence, et moi cela me va tant que le pays est tranquille. Ceux qui ont boudé, si c’est comme ça qu’ils analysent les choses, d’accord. Soyons heureux s’il n’y a pas eu de violence cette fois dans notre pays. »
En revanche, tout le monde ne partage pas cet optimisme. M. Diallo Abdoul, qui a préféré garder l’anonymat, déplore un manque d’engouement dans son quartier : « Les gens sont allés voter, mais dans notre quartier, beaucoup de gens ne sont pas allés voter, et les gens sont un peu découragés. C’est remarquable même sur le visage des gens. Je ne sais pas vraiment la raison, si c’est lié à la conjoncture, mais actuellement ce n’est pas facile. Ils sont partis voter comme s’ils n’avaient pas le choix. J’ai entendu plusieurs personnes dire qu’ils vont aller voter mais que, quand même, rien ne va changer. Et pour moi, ce scrutin ne s’est pas bien déroulé », a-t-il déclaré d’une voix découragée.
À noter que les résultats partiels du référendum ont été publiés dans la soirée du lundi 22 septembre, avec une large avance du « Oui », selon les chiffres officiels provisoires.
Sona Sylla et Saran Koulibaly, pour avenirguinee.org



