Un drame s’est produit dans la nuit du mardi à mercredi à Simbaya, dans la préfecture de Dubréka. L’éboulement d’une carrière de sable a causé la mort de deux personnes et fait plusieurs blessés, selon le témoignage poignant de l’une des victimes qui a perdu plusieurs membres de sa famille.

Mohamed Sylla, témoin direct du drame, raconte les circonstances dans lesquelles la tragédie s’est produite. Visiblement bouleversé, il explique avoir été alerté dans la nuit par un bruit assourdissant.
« Avant d’aujourd’hui, Mohamed Doumbouya, l’eau est rentrée chez lui. Quand l’eau est rentrée chez lui, il m’a informé. Il m’a dit que le chef de quartier est venu jusqu’ici, mais il n’était pas venu pour nous rendre visite. Lui, il m’a appelé, je lui ai dit que je ne pouvais rien dire. Aujourd’hui, vers la nuit, à 3h du matin, j’ai entendu le bruit ici. Je suis sorti, j’ai vu que les gens sont là, tout le monde pleure. Je suis allé là-bas, j’ai vu que toutes les maisons sont à terre. Il y avait les blessures, il y avait les autres aussi qu’on ne voyait pas. »
Face à l’urgence, Mohamed et d’autres habitants ont tenté de sauver les survivants et d’évacuer les blessés.
« On s’est débrouillés, on a pris la voiture de mon ami qui était en état de famille, avec sa fille de 12 ou 13 ans, on les a amenés à l’hôpital préfectoral de Dubréka. Mais malheureusement, sa fille est décédée. »
Il poursuit avec amertume : « Quand les docteurs m’ont demandé si j’étais responsable là-bas, je leur ai dit non, moi je ne serais pas responsable maintenant. Je leur ai dit de donner le corps, les deux-là. Il y en a qui ont mangé, avec la maladie qui est là, on va quitter… On est venus maintenant, ça se trouvait que la femme de mon ami, Pacheco, était dans la boue. Ils ont creusé, la jeunesse est venue pour crier jusqu’à ce qu’ils retrouvent son corps. Actuellement, son corps se trouve maintenant à la morgue. Donc en tout, il y a eu deux cas de décès pour le moment et trois blessés. »
Au-delà des pertes humaines, Mohamed Sylla lance un message fort aux autorités locales et à l’opinion publique, pointant du doigt la responsabilité du chef de quartier : « Je peux dire que tout Simbaya connaît. Tout le monde peut me témoigner. J’ai tout fait, mais ils ont toujours dit que c’était « en haut lié, en haut lié ». Comment « en haut lié » ? J’ai dit comment « en haut lié » ? Mais c’est qu’il y a un problème. Si quelqu’un n’a pas étudié, si quelqu’un n’a pas marché pour connaître les choses, c’est difficile… En tout cas, moi, si c’est comme ça, devant le chef de quartier, il n’est pas bien pour nous. S’il est bien pour tout Simbaya, il n’est pas bon pour nous. Parce qu’il a vu ça, et puis c’est lui qui a créé le problème là pour nous tuer. »

Ce drame relance une fois encore le débat sur l’insécurité autour des carrières artisanales, la gestion des risques dans les zones d’exploitation de sable, et l’absence d’actions préventives des autorités locales malgré les multiples alertes des citoyens.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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