Une importante manifestation secoue la ville de Fria depuis l’aube. Dès 4 heures du matin, des travailleurs de l’usine locale sont descendus massivement dans la rue, vêtus de leurs tenues de travail. Munis de banderoles, ils ont érigé des barricades, paralysant la circulation aux abords de l’usine.
Contacté par notre rédaction, l’un des manifestants a tenu à exprimer les raisons de leur colère, qu’il dirige contre la gestion russe de l’usine :
« Ce matin-là, à partir de 4 heures, les gens ont commencé à barricader la route. Parce qu’en réalité, les Russes, la société mère, c’est Fria. Donc au fond, eux, ils répondent au nom de Rusal. Mais ils ont sous-traité la société mère à une autre entreprise qui s’appelle Friguia, qui est en fait SENTA. Maintenant, leur badge porte ‘Friguia’, alors que la société mère ici, c’est Rusal Fria. Les Russes, eux, portent la tenue Rusal Friguia. Nous, les autres travailleurs, on porte les tenues SENTA. C’est-à-dire qu’ils ont sous-traité la société à une autre entreprise, SENTA. Eux, ils répondent au nom de Friguia, la société mère. Maintenant, nous, les autres, ils nous ont sous-traités comme une entreprise, et nous, on répond SENTA. Alors que nous travaillons dans l’usine de Fria, on est maltraités par les Russes tous les jours. Mais eux, les Blancs, ils répondent Fria Rusal, et nous, on répond SENTA.Donc les gens ont dit de respecter le code minier. Ils disent qu’ils ne vont pas le respecter. Ils n’ont pas de carrière. Ce matin-là, ils ont dit qu’à partir d’août, ils vont respecter les conventions. Maintenant, on voit qu’à chaque fois, ils sortent des contrats d’un mois, d’un mois. Maintenant, ils veulent faire des contrats de six mois. Ils ont annulé, maintenant ils veulent faire des contrats d’un an. Ce sont des contrats non garantis. Il n’y a pas d’hôpital pour les travailleurs. Quand tu es blessé, c’est toi qui te prends en charge. Quand tu es malade aussi, rien pour toi. Alors qu’on travaille dur dans l’usine. Chaque deux semaines, on te donne seulement 800 000 GNF. C’est pour cela que nous avons décidé de manifester aujourd’hui. Et nous comptons aller jusqu’au bout. Tant que le code minier n’est pas respecté, on va manifester », a-t-il confié.

À suivre…
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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