Le 04 juillet 1985, exactement 41 ans ce 04 juillet 2025, un coup d’État manqué mené par l’ancien Premier ministre colonel Diarra Traoré contre le président Général Lansana Conté a marqué l’histoire politique de la Guinée. Dans la nuit suivant l’annonce, plusieurs hauts gradés de l’armée ont été arrêtés et conduits au camp Alpha Yaya Diallo, après la diffusion à la télévision nationale d’un communiqué affirmant la prise du pouvoir par le colonel Diarra Traoré, lu par l’honorable Amadou Damaro Camara.
Parmi les personnes arrêtées se trouvait Ibrahima Sory Dioumessy, magistrat à la retraite, ancien directeur général de la police nationale, et actuel président de l’Association des victimes de la répression de juillet 1985.
Interrogé par notre rédaction, il est revenu sur cette période douloureuse de sa vie et sur les souffrances endurées en détention : « En 1985, après le coup d’État du colonel Diarra Traoré, moi Ibrahima Sory Dioumessy et plusieurs autres citoyens ont été arrêtés à travers une rafle nationale, sans jugement. Nous avons passé trois ans en prison au camp Alpha Yaya Diallo avant d’être libérés par décret du Président de la République de l’époque, le Général Lansana Conté. »
Il poursuit : « Nous avons été arrêtés après le communiqué du Conseil suprême du colonel Diarra Traoré qui a été lu à la télévision nationale par Amadou Damaro Camara, à travers une véritable rafle du pays. Nous avons été jetés en prison sans jugement. Nous avons passé trois ans derrière les barreaux avant d’être libérés par un décret du président Lansana Conté. C’est après cette libération que nous, les victimes innocentes, avons décidé de créer cette association pour défendre nos droits », a-t-il indiqué.
Revenant sur les conditions de détention, M. Dioumessy n’a pas pu retenir son émotion : « Quand on a été jetés en prison, on a été d’abord déshabillés comme le jour de notre naissance dans le monde. On était 4 personnes par cellule, pour passer la nuit il faut que deux personnes s’élèvent, les deux autres se couchent jusqu’à un temps après, les deux aussi se couchent. On était nus et quand quelqu’un avait besoin de faire son besoin biologique, il y avait un fuit coupé, tu faisais devant tes amis. Deux ans, on n’a pas vu le soleil même une seconde, c’est-à-dire enfermés tout ce temps avec des tortures qu’on recevait. On était divisés en deux groupes : les femmes étaient dans leurs cellules et les hommes aussi. Mais on a tout vu avant d’être libérés. Donc c’était une période inoubliable pour nous, les victimes », a-t-il relaté.
A suivre…
Ibrahima Sory Camara pour AvenirGuinee.org
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